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04.02.2012, 16:31 - Monde
Actualisé le 04.02.12, 16:38

Manifestation de dizaines de milliers d'opposants et de pro-Poutine

Ils ont défié un froid glacial au jour du début de la campagne de la présidentielle du 4 mars.
Crédit: KEYSTONE

Des dizaines de milliers de Russes, opposants et partisans de l'homme fort de Russie Vladimir Poutine se sont rassemblés samedi à Moscou.

Quelque 140 000 partisans du Premier ministre Poutine et 36 000 opposants ont manifesté par une température de -17 degrés, selon la police.

L'un des organisateurs de la marche de l'opposition, Vladimir Ryjkov, a de son côté dit qu'"au moins 120 000 personnes" participaient à la manifestation anti-Poutine.

Les images diffusées par les télévisions ne permettaient pas de se faire une idée précise du nombre des manifestants.

Election attendue

Selon les journalistes de l'AFP présents sur place, les estimations de la police concernant le rassemblement pro-Poutine semblaient exagérées et celles sur la manifestation d'opposition sous-estimées.

Les chiffres de l'opposition et ceux de la police diffèrent généralement très largement lors des manifestations. A contrario, les estimations des forces de l'ordre et celles des organisateurs de rassemblements pro-régime coïncident.

Des analystes estiment que cette troisième grande manifestation à Moscou, après celles de décembre, a été un grand succès et que le mouvement a réussi à s'installer dans la durée en vue de la présidentielle dont M. Poutine est le grand favori.

"Le plus important est que les attentes du Kremlin ne se sont pas réalisées, à savoir qu'à cause du froid le mouvement s'effilocherait", a estimé Nikolaï Petrov, du Centre Carnegie de Moscou. "La protestation va se renforcer après l'élection" présidentielle, prédit-il.

Mise en garde lancée

Beaucoup de manifestants portaient des rubans blancs, couleur de la contestation.

L'appel à manifester était un test crucial pour la coalition disparate d'opposants politiques et de personnalités de la culture ou des médias.

"Le 4 mars la vie ne s'arrêtera pas, elle commencera. Peut-être que nos adversaires comprendront que lorsque ça commence pour nous, ça se terminera pour eux!", a prévenu, devant la foule d'opposants, Grigori Iavlinski, fondateur du parti démocrate Iabloko dont la candidature à la présidentielle a été rejetée.

"Poutine démission", "Nous voulons des élections honnêtes", "Nous n'aurons pas froid", clamaient les banderoles des contestataires.

Mesure évoquée par Poutine

Concernant la manifestation pro-pouvoir, de nombreux participants ont été amenés dans des bus étant la propriété de sociétés publiques dont la poste et la compagnie des eaux de Moscou, a rapporté l'agence Interfax. "Chaos non, Poutine oui", clamaient notamment leurs affiches.

Selon de nombreux témoignages diffusés sur l'Internet et d'autres recueillis par l'AFP, des fonctionnaires, enseignants et employés des hôpitaux publics ont été forcés par leurs directions à participer. M. Poutine a reconnu de telles pressions, tout en évoquant des faits isolés.

"Tout cela a été fait dans le plus pur style soviétique, ça semble anachronique (...) d'un point de vue stratégique, les autorités ont fait preuve de myopie, car cela pourrait être un moyen de renforcer les sentiments anti-Poutine des gens qui ont été forcés à sortir dans le froid", note M. Petrov.

Prokhorov évoqué

La Russie connaît une vague de contestation sans précédent depuis l'avènement à la tête du pays en 2000 de M. Poutine.

L'ex-agent du KGB, qui veut revenir au Kremlin pour un troisième mandat après deux précédents effectués entre 2000 et 2008, a vu baisser sa popularité mais reste le grand favori de la présidentielle.

Son adversaire libéral au scrutin, le milliardaire Mikhaïl Prokhorov, a lui participé à la marche de l'opposition à Moscou.

Autre manifestation

Les opposants ont par ailleurs mobilisé leurs partisans dans une vingtaine de villes de province. A Saint-Pétersbourg, ils étaient près de 6000 personnes, selon un journaliste de l'AFP sur place (3000 d'après la police).

A Ekaterinbourg, environ 5000 personnes ont manifesté, selon une journaliste de l'AFP sur place, alors que les organisateurs ont fait état de 8000 à 10.000 manifestants.

L'opposition a encore mobilisé 2000 personnes à Tomsk et Krasnoïarsk (Sibérie), 700 à Krasnodar (sud) et 1200 à Oufa (Oural), selon les branches régionales du mouvement de l'opposition Solidarnost.

Source: ATS/AFP/RTF



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